De la culture du tabac au cigare cubain

De la culture du tabac au cigare cubain
25/10/2017 Nico&Anna

Le cigare cubain, héros des films, indissociable des milieux mafiosos et indispensable à quelques légendes, parmi lesquelles Tony Montana, Pablo Escobar, Robert De Niro, John Fitzgerald Kennedy, Winston Churchill, Ernesto Che Guevara, ou encore un certain Fidel Castro…

Le cigare participe souvent au mythe… tout comme il est pleinement intégré à la culture Cubaine

 

Depuis l’origine de la colonisation de Cuba en 1511, qui devrait correspondre au premier massacre non officiel de la population amérindienne sur l’île, café, sucre et tabac constituent les principales sources de richesse et d’ouverture sur le monde de Cuba. Une richesse qui a donc notamment attirée colonisateurs opportuns, esclaves (moins opportuns), puis, plus récemment modestes travailleurs cubains. Une immersion dans ce pays d’un autre temps passe donc obligatoirement par un cours de culture général sur le tabac et le cigare, que nous essayerons de retranscrire à travers cet article.

immersion dans une exploitation de tabac cubaine

La culture du tabac…

Cuba est le premier producteur de cigare au monde, où quelques 300 millions de « Puro » sont produit chaque année. C’est le deuxième produit le plus exporté de Cuba après le sucre, et la richesse minérale des terres produit l’un des tabacs les meilleurs du monde.

La région de Pina Del Rio à l’extrême Ouest de l’île comprends quelques 70 pourcent de la production globale de Cuba. Grâce à son microclimat, et à la richesse de la terre ayant un taux d’humidité approchant les 80%, cela en fait également l’un des tabacs les meilleurs du monde.

Les paysages de mongotes, montagnes karstiques, proche de Vinales abritent les plus grandes marques de cigare. Toutes nationalisés (Cohiba, Montecristo, Bolivar, Romeo y Julieta …), elles y produisent leurs tabacs par le biais des paysans locaux qui ont obligation de vendre quelque 90% de leur production à l’état cubain, seul exploitant de cette mine d’or florissante.

Le reste sera gardé par ces paysans pour consommation personnel ou pour le vendre à un prix davantage attractif. Car oui, l’état est bon client car c’est un client sûr nous dit-t-on… Pas si bon que ça lorsque l’on discute du prix d’achat de ce dernier auprès de ces paysans, qui vivent souvent avec moins de 20euros par mois, mais qu’importe… dirait les fanatiques de Cigare/Whisky/Poker dans une contrée un peu trop civilisée…

L’état est donc le seul à Cuba à exploiter ces milliers de tonnes de tabac produites chaque année, entre juin et mars.  De juin à août on prépare les terres pour la plantation, et on récolte en février. En effet, les terres ne sont utilisées que 8 mois de l’année pour la plantation de tabac et sont plantée de maïs, de manoque, de patate douce ou autre sur les autres périodes. Cela participe à la politique de production en cycle court prôné par Fidel Castro dans les années 60 afin d’optimiser la richesse extraite des terres cubaines.

Ainsi de juin à août, le monde paysan s’active sur ses charrues précédées de 2 bœufs, pour labourer la terre avec un savoir-faire ancestrale. La laboure ‘old school’ préserve l’arôme des terres, et puis les quelques tracteurs sont de toute façon réservés à la minorité de grandes exploitations.  Une fois planté, la plante met environ 4 mois à arriver à maturité, atteignant jusqu’à 2 mètres de hauteur. Viendra alors le temps de la récolte, toujours manuellement, pour sélectionner une à une chacune des meilleures feuilles, ou tout simplement parce qu’il n’y a aucun moyen plus moderne de le faire.
On fera ensuite sécher les feuilles dans les séchoirs pendant une quinzaine de jours, en les enduisant auparavant d’un mélange “maison” incluant rhum, café, citron et épice. Les plus assoiffés d’entre vous le boiraient certainement. C’est à cette étape que l’on sera capable de donner un goût unique au tabac fraîchement récolté. Ainsi il est possible que durant votre voyage, en approchant une fabrique, vous soyez approché par des rabatteurs de l’usine souhaitant vous vendre les cigares à un prix plus avantageux que dans les magasins pour touristes.
Il est possible de visiter certaines de ces fabriques dans les grandes villes. Il est tout de même important de préciser que les locaux achètent 25 cigares (non ciglé d’une marque) à 1 CUC / 25 pesos national, et que vous avez la possibilité de les acheter au même prix… Demander aux locaux où est le magasin où l’on peut acheter des cigares en pesos national, ils vous l’indiqueront.

D’accord… Mais qu’en est-il de la fabrication du cigare ?

« Nous autre les cubains nous aimons dire que le cigare est comme la femme: plus on le masse, plus il est bon bon et beau à consommer»

De une à six feuilles de tabac : selon la taille de cigare que l’on souhaite, il y en aura pour tous les goûts. Si vous souhaitez avoir une référence, Ernesto Che Guevara les fumait avec cinq feuilles.

Ce dernier fumait des cigares “medium” ni trop fort ni trop doux, confectionné avec le centre de la feuille. Il était pourtant docteur ET asthmatique, mais comme c’était un cigare ” medium” et sans nicotine il pouvait le fumer sans difficulté.

En effet, c’est la branche et la nervure centrale qui contiennent la nicotine. Un vrai cigare est toujours sans nicotine et ne peux donc engendrer d’addiction, car la branche et la nervure contiennent 98% de la nicotine du tabac.

On ne fume jamais les 2/3 doigts à la fin du cigare (nommé purin) car c’est là où se concentre la nicotine restante lorsque que l’on fume. Si l’on respecte cette règle, tous cigares authentiques devraient donc être 100% organique et sans nicotine.

Pour faire un bon cigare on regroupe, en son centre, une combinaison de toutes les feuilles de la plante, avec en majorité celle du centre, afin que la combustion soit bonne et que le cigare soit ni trop sec ni trop humide. Ce sont les feuilles du centre de la plante qui ont le meilleur goût. Les feuilles du haut de la plante sont utilisées seules pour les 2/3 derniers doigts du cigare, partie que l’on ne fume pas.
Ces même feuilles du haut de la plante, issues de la partie appelée “couronne royale” sont celle qui reçoivent le plus du soleil, et sont donc les plus fortes. C’est uniquement ces feuilles qui sont utilisés dans la fabrication du Cohiba, qui font de ce cigare un cigare fort et sec. Les feuilles du bas de la plante sont utilisées par le gouvernement Cubain pour faire les cigarettes. Au centre de la plante, les feuilles appelés “grosses feuilles” sont les plus fines et les plus élastique de la plante. Elles sont également les plus savoureuses.
Une fois arrivées à maturités, les plantes sont donc mises à sécher, enduite du fameux liquide fermenté, pour 15 jours de séchage. Après cette étape, on extrait donc les nervures et les branches contenant la nicotine, qui sont utilisés comme insecticide dans les champs.

Le cigare à trois partie: la cape : la feuille supérieur qui est mince et élastique qui enveloppe un rouleau de tabac à l’intérieur nommée la sous cape, qui est la seconde couche, un peu plus sèche, qui englobe elle-même “la tripe” : le noyau du cigare comprenant un assemblage subtile des différentes parties du cigare et qui donne la majeure partie de l’arôme global.

Pour le fabriquer ensuite, on superpose donc les différentes parties à l’intérieur de la cape qui permettra de rouler le cigare. Pour coller la cape une fois roulé, les cubains utilise un peu de miel, pour donner un peu de saveur dans le même temps. Le sirop d’érable peut également être utilisé pour cela. Ensuite le cigare est enveloppé dans une feuille de papier qui, en le roulant, permettra de coller les feuilles entre elle et de le presser. On laisse le cigare dans cette feuille et on le met au soleil pendant 20minute ce qui va terminer d’absorber l’humidité.

C’est ainsi que le cigare sera prêt à la consommation. L’histoire ne nous dit pas comment on termine mafieux, révolutionnaire, ou chef de gouvernement cubain par la suite.. Quoi que nous essayerons quand même de vous l’expliquer dans un prochain article.

ÇA ME PLAIT, ÇA M’INTERESSE, ÇA MÉRITE D’ÊTRE CONNU ?

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