La pêche au merlu au port de pêche de Valparaiso

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Les pêcheurs de merlus à Caleta Portales, le port de pêche de Valparaiso

Caleta Portales, Valparaiso, Chile Quelques heures 1 à 9 personnes

Toute l’année  Pêche, Nature, Culture  Déjà testé par 2 Local Xplorers

Petit aperçu :

Valparaiso est connu pour ses dizaines de cerros, ses centaines de couleurs et ses milliers de graffitis. Pourtant, cette ville portuaire qui voit défiler des générations de pêcheurs depuis bientôt 5 siècles détient une merveille culturelle historique bien moins visitée : son port de pêche.
À quelques minutes du centre, Caleta portales grouille de vie du petit matin jusqu’en milieu d’après-midi. C’est ici que, chaque jour, les marins partent à la pêche et reviennent les filets pleins de poissons ; en majorité des merlus. À partir de là, le cérémonial quotidien commence. Soyez en sûr, le folklore est au rendez-vous. Entre cette vie de pêcheurs sur le quai, les couleurs, les odeurs des étales débordantes, et les balais des oiseaux marins et autres lions de mer se battant pour les restes de poissons, soyez en certain c’est un tableau de vies et de couleurs que vous contemplerez et qui vous marquera. Immanquable.

LA LOCAL IMMERSION

Et si l’on s’immergeait dans le quotidien de générations de pêcheurs Chiliens ?

Valparaiso est incontestablement un incontournable Chilien. Si elle est connue de tous, cette ville nous réserve tout de même quelques surprises. En premier lieu son port de pêche, grouillant de vie, est une partie intangible de son patrimoine culturel. Très populaire, sans artifice, vous y découvrirez l’authentique vie des marins et pêcheurs actuels.

Départ de 3 à 5 heures du matin de petits bateaux accueillant 3 à 4 pêcheurs sur leur pont. Au retour, vers 9 heures, un programme chargé vous attend :

Arrivée des bateaux suivis à la trace par les animaux marins
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Débarquement des lignes de pêche pleines de poissons
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Décrochage des poissons des lignes de pêche
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Préparation des lignes de pêches
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Fixation des proies à l’hameçon pour le lendemain
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Mise en place des stands de poissons pour la vente
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Préparation du poisson pour qu’il soit prêt à cuisiner
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Achat et dégustation du poisson, on ne peut plus frais

Et peut-être même que les plus valeureux Local Xplorers prendront rendez-vous pour partir en mer le lendemain.

LA LOCALISATION

Caleta Portales , Valparaiso, Chile

Nous ne présenterons pas Valparaiso, cette destination incontournable qui vaut le détour pour un dépaysement total. Ses couleurs, ses graffs, son aspect hors du temps, aussi désordonné qu’improbable, lui donnent un charme fou.
Caleta portales, à quelque 3km du centre, est le port ancestral de la ville. Ici, chaque jour, se déroule le balai des pêcheurs et de leurs compères. Les couleurs des barques se mélangent avec celles des vêtements des pêcheurs, des clients parfois bien apprêtés, des poissons et des oiseaux marins. Cette ambiance s’explique difficilement. Avant tout, elle se vit.

L’HÔTE

Manuel et ses collègues

Caleta Portales, c’est 60 embarcations, 50 propriétaires et plusieurs centaines de personnes s’activant sur le quai. Hommes et femmes en mouvement constant pour réaliser leurs tâches respectives. Tous se mélangent : propriétaires, pêcheurs, femmes, familles et collègues, prêts à partir en mer, préparer les lignes, vendre les prises au détail ou en gros, nettoyer le poisson ou jeter à la mer les restes aux mouettes, goélands, pélicans et lions de mer. Un formidable mélange populaire, se mêlant aux clients qui viennent directement acheter le poisson sortant tout juste de l’eau. Des centaines de personnes donc, qui s’arrêteront parfois vers vous, cherchant à savoir d’où vous venez et désireux de vous en apprendre davantage. Une immersion aux centaines de professeurs culturels.

NOTRE EXPERIENCE

C’est comme toujours après avoir été conseillé par un local que nous nous rendons aux alentours de 10h30 au port de Caleta Portales, aux abords de la plage du même nom. Nous nous y rendons à moto, mais le trajet s’effectue très bien à pied ou en bus. En arrivant, nous découvrons cette charmante plage donnant sur le site coloré de Valparaiso. À son extrémité, le grouillement de vie nous interpelle. L’odeur et le bruit sont immanquables.

A peine avons nous franchi les premiers mètres du quai que nous nous arrêtons devant Manuel, entrain de démêler une ligne de pêche, accrochant un-par-un les hameçons à un fil pour ensuite y hameçonner un poisson afin de repartir en mer le lendemain pour une nouvelle journée de pêche. C’est son métier, et il n’y a ni vacances, ni jour férié.

Malheureusement, dans 2 jours, bien que ce poisson soit la prédilection du port et la raison même de son activité, la pêche du merlu ne sera plus possible. En effet, sa pêche est interdite en septembre, car elle correspond à la période de ponte. Si l’activité est moindre durant ce mois, tous s’accordent à dire qu’il est essentiel pour la survie de l’espèce. En 10 ans, les poissons auraient perdu deux tiers de leur taille à cause de la surpêche.

Tout en organisant sa ligne à une vitesse record, il nous explique que la pêche est une science inexacte, bien qu’elle soit très organisée : les bateaux partent chaque jour entre 3 et 5h, puis attendent leur tour pour passer l’un après l’autre dans les couloirs de pêche qui leur sont attribués. Les lignes restent à l’eau entre 1h et 1h30 puis ils reviennent pour 9h maximum au port ; il y a des jours avec et des jours sans.

Aujourd’hui est un très bon jour. De ceux où l’on ramène environ 500 merlus par embarcation, grâce aux 3 lignes accueillant chacune de 1000 à 1200 hameçons lâchés à l’arrière des bateaux à 8 miles (12km) des côtes. Le prix de vente est de 4 000 pesos la douzaine. Lors des périodes où la pêche n’est pas au rendez-vous, ce prix peut monter jusqu’à 10 000 pesos la douzaine.

Très instructif… Nous continuons notre chemin et rencontrons Alberto, qui fait ses réserves pour le mois de septembre. Lui et sa famille ne mangent que du poisson. Septembre est un mois de pénurie de merlu, alors voilà plusieurs jours qu’il vient pour faire ses stocks et en congeler suffisamment pour le mois. Il vide et prépare lui-même son poisson.

Plus loin, des dizaines de stands de préparation sont fréquentés par les clients qui viennent d’acheter leur poisson au kilo. Il passe alors auprès de ces hommes et de ces femmes qui lèveront des filets de poisson prêts à cuisiner en 2 temps 3 mouvements.

Toujours plus loin, les propriétaires des bateaux vendent directement les prises du jour, au détail ou en gros. En retrait, nous voyons d’autres stands de poissons importés de Patagonie ou du nord du Chili : les poissons et mollusques qui s’y vendent sont frais bien qu’ils ne se trouvent pas à cette latitude.

Du côté de l’océan, les pêcheurs viennent vider les restes de poissons préparés sur la digue du port pour le plus grand plaisir des mouettes, goélands, pélicans et lions de mer qui se battent pour ce festin.

On constate que la taille compte pour se faire respecter, mais la rapidité et la furtivité des plus petits leur laissent une chance. Un véritable spectacle, un lieu où la vie déborde d’agitation, d’authenticité et de simplicité.